DETRESSE : Le Village tricentenaire de Miname réclame sa délocalisation

Les travaux d’enfouissement de la tuyauterie pour le refroidissement des tribunes de la centrale à charbon fait ressurgir un sentiment d’inquiétude chez les populations de Miname gagné par la psychose de l’imminence du démarrage des travaux. Une situation qui vient ajouter une couche sur l’avenir de ce village tricentenaire pris en étau entre le projet de la centrale, le port minéralier et l’avancé de la mer. Pour sortir de ce guêpier, Miname demande son recasement.

Bouna Beye coordonnateur du collectif

Bouna Beye coordonnateur du collectif

La cohabitation entre les populations de Miname avec le projet de la centrale risque d’être explosive. Pour cause, ces populations dont 95 % tirent leurs revenus de la pêche artisanale continuent d’opposer une farouche résistance au projet d’enfouissement des tuyaux devant relier les 600 m distants entre la centrale et le site de débarquement. « Nous ne sommes pas des citoyen de seconde zone. On ne peut implanter un projet de cette envergure qui a englouti 300 milliards et laisser pour perte et profit les populations autochtones résidente dans la marge sécuritaire », a déploré Bouna Beye, coordonnateur du collectif pour la sauvegarde de Miname qui fustige le sort réservé aux 850 âmes vivants dans les 300 ménages que compte ce village tricentenaire.

D’après le porte-parole de ces populations affectées par le projet, les autorités devraient procéder à l’image du plan Jaxaay à leur recasement dans un site de 1400 parcelles déjà identifié comme promis par les autorités. « Miname est dans un étau avec l’implantation de la centrale à charbon qui assaille notre environnement et nous dépossède nos terres cultivables en attendant le passage hypothétique au gaz dans 4 ans. Nos parcelles à usage d’habitation sont confisquées. Nos conditions de vie sont exacerbées par la déflation de nombreuses familles qui gagnaient leur vie dans la zone touristique. L’agression va jusqu’ à nous priver de notre aire de débarquement sans aucune concertation ni proposition en contrepartie », s’emporte Bouna Beye.

De nombreuses correspondances, adressées aux autorités ont été classées sans suite. Un combat pour la survie du village de Miname auquel les populations disent attendre l’implication du maire Gaye Abou Ahmed Seck. « On ne nous concerte pas alors que la centrale à charbon ne se trouve ni à Bargny encore moins à Sendou mais à Miname. Abou Seck fait dans la rétention d’information. Il ne nous associe en rien concernant ce dossier alors que nos habitations, l’école élémentaire, le poste de santé se trouvent dans la marge sécuritaire des 500 m », regrette Idy Gueye le secrétaire général selon qui l’édile devait être « la croix de transmission entre le pouvoir, les responsables de la centrale et les populations autochtones ».

 

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